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Inspirs - François Vidal

 

Laissez-moi vous convier à un merveilleux voyage, laissez-vous entraîner à la découverte de l’oeuvre de François Vidal. Lorsque je l’ai rencontré pour la première fois, cela ne faisait pas si longtemps qu’il avait décidé de se consacrer à la peinture. J’ai tout de suite été séduit, par l’homme d’abord, par ce qu’il posait sur la toile ensuite.

Avant d’être peintre, François Vidal était un homme de cheval. De sa longue fréquentation des équidés, il a gardé des qualités qui imprègnent son travail : une acuité sensible ouverte aux autres et à l’environnement, une douceur d’approche que l’on sent alliée à une grande fermeté. François Vidal n’est pas un violent ; il dit lui-même travailler à obtenir une harmonie des formes et des couleurs « sans violence et sans méchanceté pour apporter du bonheur à qui regardera ».

Mais ne croyez pas que sa peinture vous ouvre un univers gentillet. Ce qui m’a frappé de prime abord, c’est la vigueur de son inspiration et le foisonnement des formes sous lesquelles elle s’exprime. François Vidal ne se pose aucune limite, ne connaît pas l’autocensure, ne se refuse aucune direction. Abstrait, figuratif, ces termes n’ont pas le sens qu’on leur attribue habituellement. Je préfère parler d’une peinture instinctive, onirique, spontanée. 

François Vidal puise son inspiration à plusieurs sources : soit des idées dont il souhaite explorer les potentialités, soit dans son environnement, humain, animal (le cheval est toujours très présent) ou végétal, soit dans les visions qu’il reçoit en rêve ou en demi-sommeil. Mais il accepte toujours, dans une manière itérative, de se laisser porter par l’impulsion de l’instant, d’explorer des directions nouvelles : « Un tableau terminé est toujours différent de ce que j’avais prévu au départ ».

A mes yeux, il s’inscrit dans la lignée de l’Art brut, dont il ne récuse d’ailleurs pas la filiation. Toutefois, sa peinture s’en écarte en ce qu’elle est certes le fruit d’une inspiration très libre, mais sous-tendue par une réflexion maîtrisée sur ce qu’il fait et comment il le fait. François Vidal appuie son travail sur une solide culture artistique ; au premier rang des peintres dont il reconnaît s’inspirer, il cite Dubuffet et Graham Sutherland : comme il le dit, « porter un regard lointain sur certains me donne des ailes » car cela l’autorise à tracer son propre chemin. Il use pour qualifier sa production d’un néologisme étrange : « Je fais de la peinture dépressioniste », dit-il. Car peindre fait pour lui barrage à la dépression, lui procure un état de bien-être où lui sont ouvertes, sous l’impulsion de l’instant, toutes les routes du possible et certainement celles du bonheur.

Que ce bonheur devienne le vôtre, ami visiteur.

Marcel Innocenti